Intervention à la journée d’étude « L’organisation en mouvement », Montréal
J’interviendrai le mardi 21 décembre prochain à la journée d’étude « L’organisation en mouvement » qui se tiendra à la Salle des Boiseries de l’Université du Québec à Montréal (Pavillon J, salle J-2805).
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Présentation de la journée d’étude
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Traditionnellement l’organisation a été définie en tant que domaine particulier, « la chose organisée » : l’entreprise, l’administration, la personne morale. Pourtant, dans son sens étymologique, l’organisation renvoie aussi aux actions nécessaires « pour organiser quelque chose ». Il s’agit dans ce cas d’un mode d’existence (Latour, 2007) – un assemblage de processus organisant – ou plutôt, d’un mode de devenir : the organization in-the-making.
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Ces processus d’existence et de transformation appellent une conception dynamique de l’organisation, une conception qui met au cœur le mouvement, les actions, les évènements, le changement, le déplacement.
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Il s’agit ainsi de prendre comme point de départ une perspective processuelle. Cela implique de passer d’une ontologie des états à une ontologie relationnelle et d’une épistémologie des variances à une épistémologie transactionnelle. Toutefois, le spectre des théories processuelles est vaste. Il va d’une conception des processus dans laquelle ces derniers forment (et transforment) le monde, à une conception dans laquelle le monde est processus. La notion de processus peut ainsi prendre différentes significations selon la ‘faiblesse’ ou la ‘radicalité’ des positionnements (Chia & Langley, 2004). Ces différents positionnements permettent d’explorer la diversité des théories qui prennent comme point de départ le processus pour comprendre comment et pourquoi les personnes, les organisations, les objets, les environnements bougent : comment ils se constituent, se reproduisent, s’adaptent, se disent et se vivent, en fluctuation constante.
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Dans cette perspective, l’objectif de cette journée d’étude est de créer un espace de discussion pour l’échange d’idées, de problématiques et de questions concernant les théories processuelles des organisations et leurs implications pour la recherche et pour les pratiques de travail. Des questions telles que la relation au temps et à l’espace, la relation aux entités, la relation à l’ordre et au désordre, seront discutées.
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Présentation de mon intervention
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« Évolution et dégénérescence des coopératives autogérées : pour de nouvelles conceptions socio-organisationnelles »
Nous chercherons dans cette intervention à interroger l’évolution organisationnelle des coopératives autogérées en soulignant les riches enseignements dont est porteur cette perspective dynamique pour repenser les phénomènes organisationnels et les processus d’innovation sociale.
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Nombre de travaux menés sur les structures autogérées ont en effet souligné les limites de ces expérimentations et notamment leur incapacité à s’inscrire dans le temps. Nous pouvons particulièrement citer ici les travaux d’Albert Meister[1] pour qui ces structures sont condamnées à une inéluctable dégénérescence passant par quatre stades.
Au-delà des pratiques et dispositifs développés par les coopératives autogérées, Albert Meister nous invite ainsi à être sensibles à leur évolution organisationnelle.
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Toutefois, et malgré l’estime que nous portons aux travaux de cet auteur, nous sommes réticents à souscrire totalement à ses hypothèses déterministes, pessimistes voire même simplistes, soumettant les processus organisationnels à une loi dégénérative excluant toute marge de manœuvre.
Nous nous proposerons donc ici de discuter ces hypothèses en interrogeant la trajectoire de deux coopératives autogérées, dans une approche critique certes mais également constructive pour tenter de faire émerger de nouvelles perspectives théoriques qui viendront remettre en cause la pertinence de certains présupposés organisationnels bien établis.
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Cette intervention se veut ainsi le pendant théorique d’un article publié en début d’année pour la revue ARPES, à vocation plus pratique :
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Programme de la journée d’étude
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[1] MEISTER, Albert (1974). La participation dans les associations. Paris : Les Editions ouvrières, 276 pages
