Fermeture programmée d’Encarta

Pour ceux qui ne seraient pas encore au courant : Encarta c’est bientôt fini !

C’est écrit , , et mais aussi , , et ou encore , , et et puis aussi , , , et …enfin Bref, un peu partout sur la toile comme à chaque fois que le net relate un événement du net…à croire que les systèmes techniques auraient eux aussi des tendances narcissiques.

Encarta arrêtera la commercialisation de ses logiciels en juin et fermera définitivement le 31 octobre. Seul le site japonais connaîtra un sursis de quelques mois pour finalement s’éteindre la veille de 2010. Pour ceux qui seraient abonnés, pour pouvez trouver des infos pratiques ici.

Un événement qui a donné l’occasion à tous les mauvais littérateurs de s’exprimer au travers de titres poignants tels que « Repose en paix, Encarta », « Encarta : Wikipédia m’a tuer ! (2 ont osé quand même)

On va essayer de vous en faire un bref résumé en ne gardant que le meilleur.

Encarta c’est l’encyclopédie numérique lancée par Microsoft en 1993. Uniquement commercialisée sur CD-Rom à son origine, elle investit le net en 2000. Quelques articles sont disponibles gratuitement mais le gros du paquet n’est accessible que sur abonnement, payant évidemment.

Non gratuite et non collaborative, Encarta « illustre bien la version 1.0 encyclopédies numériques » pour L’informaticien.

A l’époque, Encarta venait concurrencer Britanica. C’est cette même concurrence qui encourage aujourd’hui Microsoft à clore cette aventure, mais pas celle des grosses firmes.

Il s’agit évidemment de l’encyclopédie gratuite et collaborative Wikipédia, comme le souligne l’ensemble des sites dédiés à la fermeture d’Encarta…sauf celui de MSN Encarta lui-même dont le principal argument est que « nous ne recherchons plus aujourd’hui l’information dont nous avons besoin comme nous le faisions il y a seulement quelques années »[1].

Pour ceux qui habiteraient dans une région très reculée du monde, voire de l’univers, Wikipédia est un projet d’encyclopédie en ligne offrant un contenu libre basé sur la rédaction collaborative grâce à la technologie wiki. « Wikipédia » est ainsi la contraction de « wiki », système de gestion de contenu de site web permettant la création et la modification des pages d’un site Web par tous les visiteurs autorisés, et de « pedia », contraction du mot anglais encyclopedia, pour « encyclopédie ». Wikipédia fut fondée en janvier 2001 par Larry Sanger et Jimmy Wales (en mars 2001 pour la version francophone).

Il n’est guère plus besoin de présenter cet emblème du web 2.0 qui  fait aujourd’hui parti des 10 sites plus visités au monde, toutes versions confondues. Wikipédia fait en effet l’objet de plusieurs versions selon les pays et leur langue. La plus importante reste la Wikipédia anglophone avec plus de 1,4 millions d’articles qui attirent 97% des recherches encyclopédiques aux USA. Suivent les versions allemande, japonaise, espagnole puis française[2]. La Wikipédia francophone est le 10ème site le plus visité en France avec 7,7 millions de visiteurs en 2007[3] et plus de 735 000 articles fin 2008…Un raz-de-marée face au 36 500 articles d’Encarta.

Certains des billets relatant la mort de cette pauvre victime de la concurrence qu’est Encarta (lancée, on le rappelle, par Bill Gates) ne sont d’ailleurs pas très sympathiques à l’encontre de Wikipédia en l’accusant d’avoir « tué le service pourtant de qualité car réalisé par des auteurs connus et reconnus dans leur spécialité »[4]. Il est vrai que le fonctionnement collaboratif et ouvert pour lequel a opté Wikipédia souffre de problèmes de fiabilité comme beaucoup l’ont souligné. Mais nous, ça nous fait plutôt plaisir que « Windows ne gagne pas à tous les coups » comme ils disent.

On remercie par ailleurs certains articles de souligner que le web collaboratif n’est pas seul en cause et que le modèle capitaliste a lui aussi bien contribué à la fermeture d’Encarta, confrontée au géant payant Britanica mais également à la crise financière qui contraint Microsoft à suivre « une politique de réduction drastique des coûts : en début d’année, la société a ainsi supprimé 5000 postes, et prévoit pour les deux prochains trimestres des bénéfices et un chiffre d’affaires en berne »[5].

« Microsoft aurait-il une alternative ? »[6] s’interroge net-actually. Il pourra toujours suivre les voies de la « wikinomie », nouvelle « science » glorifiant les entreprises qui « exploitent la collaboration de masse » et l’auto organisation comme « leviers pour réduire les coûts, accélérer l’innovation, co-créer avec leurs clients et leurs partenaires et plus généralement, se doter des moyens pour s’imposer sur l’échiquier commercial du XXIe siècle»[7]…Ah mais non, suis-je bête, Google l’a déjà fait avec Knol.


[1] http://fr.encarta.msn.com/encnet/features/guides/default.aspx?page=FAQ

[2] http://stats.wikimedia.org/FR/Sitemap.htm

[3] http://www.01net.com/editorial/344447/le-top-10-des-sites-les-plus-frequentes-en-france/?di=9&play=0#debutDiaporama

[4] http://www.satmag.fr/affichage_module.php?no_theme=1&no_news=10301&id_mod=5

[5] http://mag.livenet.fr/post/microsoft-tourne-la-page-d-encarta-devancee-par-wikipedia-3885.html

[6] http://www.net-actuality.org/news/7936-encarta-disparaitra-au-mois-d-octobre-prochain.html

[7] TAPSCOTT, Don, WILLIAMS, Anthony. Wikinomics, Wikipédia, Linus, Youtube…Comment l’intelligence collaborative bouleverse l’économie. Paris : Pearson Education France, 2007

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