Intervention au Congrès de l’ACRI « Que devient le travail ? »

Canada

L’Association Canadienne des Relations Industrielles (ACRI) a pour but de promouvoir la discussion, la recherche et la formation dans le domaine des relations industrielles sous toutes leurs coutures : relations patronales-syndicales, droit du travail, gestion des ressources humaines, syndicalisme, etc.

L’ACRI rassemble ainsi des spécialistes du monde du travail provenant tout à la fois des milieux syndical, patronal, gouvernemental et universitaire.

 

L’ACRI organise cette année son congrès autour de la question « Que devient le travail ?».

 

Constatant que le monde du travail contemporain présente plusieurs facettes et réalités contradictoires aux travailleurs (flexibilité, performance, qualité, implication et participation active, changements permanents, risques accrus et détérioration des conditions de travail…j’en passe et des meilleures), l’ACRI a invité les chercheurs et les praticiens de toutes les perspectives et disciplines à débattre de ces enjeux les 27, 28 et 29 mai prochain à l’Université du Québec en Outaouais (dans la ville de Gatineau, près d’Ottawa).

Il s’agira de débattre des conséquences des changements dans les domaines du travail et des rapports sociaux, des exigences ressenties par les salariés, des analyses des enjeux vécus, des stratégies des individus et des collectifs face à ces changements, ainsi que des ébauches de réponse institutionnelle, le tout ancré tant au plan national qu’international.

A ce jour, l’ACRI prévoit l’intervention de 30 conférenciers professionnels et de 155 conférenciers scientifiques, dont je ferai partie.

 

J’interviendrai le 27 mai sur la question des « limites des nouvelles formes organisationnelles et des pratiques alternatives » avec pour ambition d’éclairer les processus de changement organisationnel.

Cette intervention se basera sur le travail de recherche que je mène dans le cadre de ma thèse de doctorat, intitulée « l’autogestion et les nouvelles formes organisationnelles dans la société de l’information, de la communication et du savoir ».

En me basant sur l’analyse d’une Société de Services en Ingénierie Informatique (SSII) et d’un éditeur de logiciels, je montrerai que loin d’incarner la belle promesse d’une société plus égalitaire ayant rompu les anciens clivages de l’Organisation Scientifique du Travail comme le laissent à penser leurs discours, les « nouvelles formes organisationnelles » consacrent leur persistance mais également la mutation de leur forme d’expression. Une forme de changement dans la continuité (ou de continuité dans le changement, c’est comme on voudra) à l’origine d’effets paradoxaux et néfastes, dénoncés tant par les salariés que par les managers.

En comparaison, je montrerai, en me basant sur l’analyse de deux coopératives de production expérimentant l’absence de hiérarchie et l’égalité salariale, que l’autogestion incarne une réelle alternative organisationnelle. Je soulignerai cependant les difficultés que rencontre sa mise en pratique,  tout aussi porteuse d’effets paradoxaux et néfastes sur le long terme.

Des constats qui interrogent mais qui ne m’incitent pas pour autant à abandonner mes utopies et, avec elles, toute volonté de changement organisationnel. J’inviterai au contraire à repenser totalement ce dernier, précisément à la lumière des enseignements que nous offrent les pratiques autogérées.

Loin de chercher à cacher les « échecs » de l’autogestion, je m’attacherai au contraire à les mettre en lumière pour  en tirer toutes les leçons afin d’« apprendre du présent, de la réalité, ce qu’il est possible de réaliser »[1] dans un avenir non déterminé à l’avance.

 

En un mot, cette communication se veut une application concrète de la perspective qui anime ce blog, cherchant à rouvrir un débat trop abruptement délaissé en y apportant une vision qui se veut engagée mais réaliste avec l’espoir d’enrichir notre lecture des phénomènes socio-organisationnels…

 

Programme du Congrès de l’ACRI 2009

Site de l’ACRI


[1] POPPER, Karl. Toute vie est résolution de problèmes, Tome 2 : réflexions sur l’histoire et la politique. Actes Sud, 1998

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