Intervention au congrès de l’ACFAS, symposium du CRISES

J’interviendrai le jeudi 13 mai prochain au symposium que le CRISES organise dans le cadre du 78ème congrès de l’ACFAS (HEC-Montréal, Édifice Côte-Sainte-Catherine).

XXX

Présentation de l’ACFAS et de son congrès annuel

XXX

L’ACFAS (association francophone pour le savoir) a pour mission de promouvoir le développement de la recherche et de la culture scientifique, en contribuant à la diffusion et à la valorisation des connaissances et des méthodes scientifiques, en vue d’améliorer la qualité de la vie en société.

Elle se fixe trois grands objectifs :

  • Promouvoir et soutenir la relève scientifique
  • Défendre la pertinence de la recherche et de l’activité scientifique au sein de la société
  • Soutenir un dialogue Science et Société

Pour ce faire, l’ACFAS organise tous les ans un congrès qui est le plus important rassemblement multidisciplinaire du savoir et de la recherche de la francophonie.

Chaque année, ce congrès accueille des milliers de chercheurs, et d’utilisateurs de la recherche, provenant d’une trentaine de pays et de tous les grands champs scientifiques (Sciences de la vie et de la santé ; Sciences physiques, mathématiques et génie ; Lettres, arts et sciences humaines ; Sciences sociales ; Éducation).

Depuis 1933, la communauté scientifique francophone profite de ce rendez-vous pour présenter ses plus récents travaux, connaître les derniers développements en recherche, débattre de questions d’actualité et échanger des idées avec des collègues, des associations et des groupes participants.

Le 78ème congrès qui se tiendra du 10 au 14 mai à l’Université de Montréal en collaboration avec HEC Montréal et l’École Polytechnique aura pour thème « Découvrir aujourd’hui ce que sera demain ».

Comme son nom l’indique, il s’agira d’un congrès résolument tourné vers l’avenir : « en cette période de morosité économique et de remise en question, la science – au sens le plus large du terme – a plus que jamais sa place dans nos sociétés. Le monde est à repenser. Des savoirs acquis à ce jour dépend l’avenir que notre génération laissera aux générations qui nous suivront. De la recherche actuelle émergera un nouveau monde de savoirs, un monde que l’on souhaite durable, sûr, fertile et inclusif »[1].

XXX

Présentation du CRISES et de son symposium

XXX

Dans ce cadre, le CRISES (Centre de Recherche sur les Innovations Sociales) organise le 12 et 13 mai un symposium intitulé « L’urgence de l’innovation sociale pour une société innovatrice » (activité spéciale n°23, 1er étage HEC Côte Sainte Catherine, section jaune).

Le CRISES regroupe une soixantaine de chercheurs pluridisciplinaires (anthropologie, géographie, histoire, mathématiques, philosophie, relations industrielles, sciences de la gestion, science économique, science politique, sociologie et travail social) qui étudient et analysent les innovations et les transformations sociales à partir de trois axes complémentaires :

  • développement et territoire
  • conditions de vie
  • travail et emploi

Par ce symposium, le CRISES cherche à réintroduire le social dans la réflexion sur l’innovation et sur la société innovante, non pas uniquement dans une perspective de concurrence et de croissance économique mais aussi et surtout dans celle de l’amélioration de la qualité de vie pour l’ensemble des membres de la société. Le CRISES propose ainsi de « renouer avec la créativité sociale » pour répondre aux nouveaux défis économiques et sociaux d’aujourd’hui en visant « le plein exercice de la citoyenneté afin de construire une société dynamique et inclusive »[2].

XXXX

Résumé de ma communication

XXXX

J’y interviendrai le jeudi 13 mai avec une communication intitulée « Apports et limites du modèle autogestionnaire : Réflexions contributives aux innovations socio-organisationnelles de demain ».

La crise socio-économique actuelle appelle en effet de nouveaux modèles organisationnels fondés sur des innovations sociales ambitieuses. Et tel a toujours été la raison d’être de l’utopie autogestionnaire, qui semble d’ailleurs connaître un certain regain d’intérêt. En témoigne l’attribution du prix Nobel d’économie 2009 à la politologue Elinor Ostrom pour son travail sur les « commons », forme spécifique de propriété et de gouvernance qui place les décisions collectives des « communautés » au centre du jeu socio-économique. A cet égard, il n’est pas anodin de citer l’article de Michel Rocard intitulé « Le prix Nobel d’économie pour l’autogestion » [3].

A l’heure de la société de l’information, l’autogestion semble également se développer sur de nouveaux terrains par le biais des TIC, avec par exemple les communautés formées autour des logiciels libres ou du web « participatif ».

Face à ces formes organisationnelles atypiques à prétention radicalement novatrice, cette réflexion adoptera une approche critique que nous tenons pour nécessaire si nous ne voulons pas « refaire les mêmes erreurs »[4] inlassablement.

Cette réflexion est issue d’un mémoire de thèse en Sciences de l’Information et de la Communication (SIC), soutenu le 9 novembre 2009. Elle se base sur l’analyse fine de deux coopératives de production autogérées, que nous avons confrontée à divers travaux en Sciences Humaines et Sociales, plus particulièrement ceux qui se sont intéressés à l’utopie autogestionnaire et à sa mise en pratique[5].

Nous donnerons tout d’abord à voir les formes organisationnelles originales sur lesquelles débouchent ces deux expérimentations, réellement porteuses de riches innovations sociales.

Nous en soulignerons ensuite les multiples limites et facteurs de dégénérescence. Loin d’inviter au pessimisme, ces constats nous mettront au contraire sur la voie d’un modèle organisationnel réellement alternatif mais nécessitant de rompre avec certains présupposés socio-organisationnels.

XXX

Liens :

Programme du symposium de l’ACFAS

XXX


[1] http://www.acfas.ca/congres/a_propos.html

[2] http://www.crises.uqam.ca/pages/fr/docs/PROGRAMME_ACFAS_2010.pdf

[3] ROCARD, Michel (2009). « Le prix Nobel d’économie pour l’autogestion ». Libération, 20 octobre 2009, p. 18

[4] MEISTER, Albert (1974). La participation dans les associations. Paris : Les Editions ouvrières, 276 pages

[5] BOURDET, Yvon (1970). La délivrance de Prométhée, pour une théorie politique de l’autogestion. Paris : Editions Anthropos, 285 pages

BOURDET, Yvon (1974). Pour l’autogestion. Paris : Edition Anthropos, 293 pages

GEORGI, Franck (2008). « L’autogestion en France, des ’’années 1968’’ aux années 1980. Essor et déclin d’une utopie politique ». La Pensée, décembre 2008, n°356, pp. 87-101

LALLEMENT, Michel (2007). « L’autogestion, une histoire contrariée ». Sciences humaines, novembre 2007, n°187, pp. 48-53

LOURAU, René (1980). « Autogestion, institutionnalisation, dissolution ». Autogestions, n°1, pp. 23-31

MEISTER, Albert (1963). « Problèmes de l’autogestion ». Autogestion, décembre 1963, n°7, pp. 103-116

MOTHE, Daniel (1980). L’autogestion goutte à goutte. Paris : Le centurion, 190 pages. ISBN : 2-227-35609-X

SAINSAULIEU, Renaud, TIXIER, Pierre Eric, avec la participation de MARTY, Marie-Odile (1983). La démocratie dans les organisations, vers des fonctionnements collectifs de travail. Paris : Librairie des Méridiens, 272 pages. ISBN : 2-86563-065-X

<!–[if !mso]> <! st1\:*{behavior:url(#ieooui) } –>

Présentation de l’ACFAS et de son congrès annuel

L’ACFAS (association francophone pour le savoir) a pour mission de promouvoir le développement de la recherche et de la culture scientifique, en contribuant à la diffusion et à la valorisation des connaissances et des méthodes scientifiques, en vue d’améliorer la qualité de la vie en société.

Elle se fixe trois grands objectifs :

Promouvoir et soutenir la relève scientifique

Défendre la pertinence de la recherche et de l’activité scientifique au sein de la société

Soutenir un dialogue Science et Société

Pour ce faire, l’ACFAS organise tous les ans un congrès qui est le plus important rassemblement multidisciplinaire du savoir et de la recherche de la francophonie.

Chaque année, ce congrès accueille des milliers de chercheurs, et d’utilisateurs de la recherche, provenant d’une trentaine de pays et de tous les grands champs scientifiques (Sciences de la vie et de la santé ; Sciences physiques, mathématiques et génie ; Lettres, arts et sciences humaines ; Sciences sociales ; Éducation).

Depuis 1933, la communauté scientifique francophone profite de ce rendez-vous pour présenter ses plus récents travaux, connaître les derniers développements en recherche, débattre de questions d’actualité et échanger des idées avec des collègues, des associations et des groupes participants.

Le 78ème congrès qui se tiendra du 10 au 14 mai à l’Université de Montréal en collaboration avec HEC Montréal et l’École Polytechnique aura pour thème « Découvrir aujourd’hui ce que sera demain ».

Comme son nom l’indique, il s’agira d’un congrès résolument tourné vers l’avenir : « en cette période de morosité économique et de remise en question, la science – au sens le plus large du terme – a plus que jamais sa place dans nos sociétés. Le monde est à repenser. Des savoirs acquis à ce jour dépend l’avenir que notre génération laissera aux générations qui nous suivront. De la recherche actuelle émergera un nouveau monde de savoirs, un monde que l’on souhaite durable, sûr, fertile et inclusif »[1].

Présentation du CRISES et de son symposium

Dans ce cadre, le CRISES (Centre de Recherche sur les Innovations Sociales) organise un symposium intitulé « L’urgence de l’innovation sociale pour une société innovatrice » (activité spéciale n°23).

Le CRISES regroupe une soixantaine de chercheurs pluridisciplinaires (anthropologie, géographie, histoire, mathématiques, philosophie, relations industrielles, sciences de la gestion, science économique, science politique, sociologie et travail social) qui étudient et analysent les innovations et les transformations sociales à partir de trois axes complémentaires (http://www.crises.uqam.ca/pages/fr/recherche.aspx) :

développement et territoire

conditions de vie

travail et emploi

Par ce symposium, le CRISES cherche à réintroduire le social dans la réflexion sur l’innovation et sur la société innovante, non pas uniquement dans une perspective de concurrence et de croissance économique mais aussi et surtout dans celle de l’amélioration de la qualité de vie pour l’ensemble des membres de la société. Le CRISES propose ainsi de « renouer avec la créativité sociale » pour répondre aux nouveaux défis économiques et sociaux d’aujourd’hui en visant « le plein exercice de la citoyenneté afin de construire une société dynamique et inclusive »[2].

Résumé de ma communication

J’y interviendrai le jeudi 13 mai avec une communication intitulée « Apports et limites du modèle autogestionnaire : Réflexions contributives aux innovations socio-organisationnelles de demain ».

La crise socio-économique actuelle appelle en effet de nouveaux modèles organisationnels fondés sur des innovations sociales ambitieuses. Et tel a toujours été la raison d’être de l’utopie autogestionnaire, qui semble d’ailleurs connaître un certain regain d’intérêt. En témoigne l’attribution du prix Nobel d’économie 2009nà la politologue Elinor Ostrom pour son travail sur les « commons », forme spécifique de propriété et de gouvernance qui place les décisions collectives des « communautés » au centre du jeu socio-économique. A cet égard, il n’est pas anodin de citer l’article de Michel Rocard intitulé « Le prix Nobel d’économie pour l’autogestion » [3].

A l’heure de la société de l’information, l’autogestion semble également se développer sur de nouveaux terrains par le biais des TIC, avec par exemple les communautés formées autour des logiciels libres ou du web « participatif ».

Face à ces formes organisationnelles atypiques à prétention radicalement novatrice, cette réflexion adoptera une approche critique que nous tenons pour nécessaire si nous ne voulons pas « refaire les mêmes erreurs »[4] inlassablement.

Cette réflexion est issue d’un mémoire de thèse en Sciences de l’Information et de la Communication (SIC) (http://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00458192/en/), soutenu le 9 novembre 2009. Elle se base sur l’analyse fine de deux coopératives de production autogérées, que nous avons confrontée à divers travaux en Sciences Humaines et Sociales, plus particulièrement ceux qui se sont intéressés à l’utopie autogestionnaire et à sa mise en pratique[5].

Nous donnerons tout d’abord à voir les formes organisationnelles originales sur lesquelles débouchent ces deux expérimentations, réellement porteuses de riches innovations sociales.

Nous en soulignerons ensuite les multiples limites et facteurs de dégénérescence. Loin d’inviter au pessimisme, ces constats nous mettront au contraire sur la voie d’un modèle organisationnel réellement alternatif mais nécessitant de rompre avec certains présupposés socio-organisationnels.

Liens :

Programme du symposium de l’ACFAS (http://www.crises.uqam.ca/pages/fr/docs/PROGRAMME_ACFAS_2010.pdf)


[3] ROCARD, Michel (2009). « Le prix Nobel d’économie pour l’autogestion ». Libération, 20 octobre 2009, p. 18

[4] MEISTER, Albert (1974). La participation dans les associations. Paris : Les Editions ouvrières, 276 pages

[5] BOURDET, Yvon (1970). La délivrance de Prométhée, pour une théorie politique de l’autogestion. Paris : Editions Anthropos, 285 pages

BOURDET, Yvon (1974). Pour l’autogestion. Paris : Edition Anthropos, 293 pages

GEORGI, Franck (2008). « L’autogestion en France, des ’’années 1968’’ aux années 1980. Essor et déclin d’une utopie politique ». La Pensée, décembre 2008, n°356, pp. 87-101

LALLEMENT, Michel (2007). « L’autogestion, une histoire contrariée ». Sciences humaines, novembre 2007, n°187, pp. 48-53

LOURAU, René (1980). « Autogestion, institutionnalisation, dissolution ». Autogestions, n°1, pp. 23-31

MEISTER, Albert (1963). « Problèmes de l’autogestion ». Autogestion, décembre 1963, n°7, pp. 103-116

MOTHE, Daniel (1980). L’autogestion goutte à goutte. Paris : Le centurion, 190 pages. ISBN : 2-227-35609-X

SAINSAULIEU, Renaud, TIXIER, Pierre Eric, avec la participation de MARTY, Marie-Odile (1983). La démocratie dans les organisations, vers des fonctionnements collectifs de travail. Paris : Librairie des Méridiens, 272 pages. ISBN : 2-86563-065-X

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :