15. Du mythe aux pratiques : la société de l’information (2) limite des communautés en ligne

La mise en pratique de l’autogestion se heurte ainsi à de nombreux obstacles (contextuels, organisationnels et humains) qui rendent ces expérimentations limitées à de nombreux points de vue (en nombre, en taille et en durée). Nos constats rejoignent ici ceux de nombreux auteurs ayant travaillé sur l’autogestion dans les années 1970 et 1980 et qui ont eux aussi souligné les limites de ce modèle. D’hier à aujourd’hui, les expérimentations autogérées ne semblent donc pas en mesure de nous offrir une alternative durable et d’envergure.

Cependant, comme nous l’avons vu précédemment, la société de l’information, les nouvelles technologies et les entreprises « high tech » qui émergent de concert semblent à bien des égards offrir une nouvelle chance pour l’autogestion. Telle est l’hypothèse que nous allons désormais tester en nous intéressant aux pratiques et limites de deux communautés en ligne, caractéristiques des « nouvelles formes organisationnelles » qui accompagnent le développement de la société de l’information.

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Le billet précédent présentant les principes de fonctionnement du réseau Libre Entreprendre[1] et de la Wikipédia francophone semble accréditer l’hypothèse selon laquelle la société de l’information et les NTIC représentent un contexte porteur pour le renouvellement de « l’esprit » autogestionnaire. Ce ne sont cependant pas les possibilités offertes par ces nouvelles technologies qui viendront remédier aux dysfonctionnements que peuvent connaître ces expérimentations.

La puissance de relégitimation dont semble être porteuse la société de l’information pour l’utopie autogestionnaire n’en contrecarre pas pour autant les difficultés que rencontre sa mise en pratique. On retrouve ainsi nombre des limites autogestionnaires au sein des formes organisationnelles centrées sur les NTIC.

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Le réseau LE :

Des limites organisationnelles, humaines et contextuelles similaires :

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Le témoignage des membres d’Easter-eggs[2] donne en effet à voir certaines difficultés proches de celles que nous avons précédemment identifiées au sein de Coopcom et d’Imprimcoop.

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Tout d’abord, la taille de la structure devient ici encore problématique au-delà d’un certain seuil : « faire tourner une gérance à quatre ou cinq, rien d’impossible ; à quinze tout est différent ». Ce constat rejoint les estimations d’Albert Meister[3] et Marcel Mermoz[4], que nous avons évoquées dans un billet précédent, selon lesquelles au-delà d’une douzaine de personnes la mise en pratique de l’autogestion devient difficile.

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On constate également une persistance de la hiérarchie, qui peut être ici tant liée au statut qu’à l’ancienneté : « le gérant, en tant que responsable, ou ’’les anciens’’ sont souvent considérés comme les dirigeants ».

Il est d’ailleurs à noter que, au-delà de l’expérience menée par le réseau Libre Entreprendre et la SSLL Easter-Eggs, la mise en place d’une hiérarchie et le rôle central occupé par quelques uns, voire un seul, semblent indispensables pour assurer le développement des logiciels libres.

La hiérarchisation des communautés de développeurs est souvent passée sous silence dans l’imaginaire qui entoure les logiciels libres comme le souligne Sébastien Broca : « celles-ci sont souvent opposées aux structures pyramidales dominantes dans les sphères économiques et politiques (…). Elles sont décrites comme mettant en œuvre une organisation horizontale, reposant sur le partage de l’information et la coopération directe entre participants. (…) L’idéal véhiculé par les partisans du logiciel libre est bien celui d’une communauté d’égaux, reposant sur le partage, la collaboration, et le jugement par les pairs (…) Certaines études de terrain semblent [cependant] démontrer que les structures hiérarchiques sont souvent plus fortes que ce que les acteurs eux-mêmes veulent bien l’admettre »[5].

Ce rôle hiérarchique est principalement d’ordre technique au départ, mais la taille du projet s’accroissant il dévie vers des tâches plus organisationnelles : « chaque logiciel libre a une (parfois deux) personne qui assume le rôle de ’’maintien’’ du code, ce qui est évidemment crucial. Il doit sans cesse ajouter de nouvelles fonctionnalités au logiciel, tout en veillant à la qualité et à la stabilité de celui-ci. Il doit surtout répondre aux demandes des utilisateurs en incorporant des ajouts ou des modifications proposés par ces derniers. Plus le projet a de l’importance, plus il évolue vers des fonctions de coordination voire d’arbitrage, les conflits entre co-développeurs étant assez fréquents. C’est actuellement, par exemple, la fonction du créateur de Linux, Linus Torvalds, dont l’autorité est incontestable sur le développement du noyau »[6].

Tout comme à Coopcom, ce sont ici les personnes « moteurs », celles qui « portent le projet », qui deviennent leaders. Ainsi, l’informatique tout comme l’autogestion implique un fort investissement comme le souligne Philippe Breton pour qui « la tribu informatique » est composée de « tous ceux qui témoignent d’un intense engagement personnel dans l’informatique »[7].

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Enfin, ici encore, le contexte socioculturel et socioéconomique semble peu porteur et parfois contraignant comme l’expliquent les membres d’Easter-Eggs : « une des difficultés avec des personnes extérieures (et parfois même des personnes du réseau), et pas seulement dans un rapport professionnel avec une autre entreprise, est le regard parfois gênant de ces personnes qui veulent appliquer une vision hiérarchique à nos relations inter-entreprises, alors que nous nous efforçons de les minimiser. (…) Par ailleurs, ce qui est amusant lorsqu’on parle de ce modèle à des personnes qui ne connaissent pas le réseau Libre-Entreprendre, c’est la première réaction qui est toujours la même ; ’’Ah, je ne pensais pas que ça existait ». Au point que « dans certaines situations, il peut être préférable de donner au client l’image qu’il attend de l’entreprise ».

Le contexte économique plaçant le client au centre de l’activité participe ici encore à limiter la portée émancipatrice de ce modèle organisationnel : « notre travail au quotidien est fait de contraintes plus ou moins fortes, liées essentiellement aux projets et aux clients à qui nous devons rendre des comptes ».

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La Wikipédia francophone :

La montée de l’hétérogestion[8] :

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Ici encore, à l’encontre du principe d’égalité affichée, on constate rapidement l’avènement d’une hiérarchie divisant la communauté en deux lignes.

La première forme de hiérarchie que l’on retrouve s’éloigne de celle que nous avons pu observer au sein des coopératives autogérées et se rapproche des dérives bureaucratiques inhérentes aux grandes organisations. Cette hiérarchie est ici basée sur des grades auxquels sont rattachés différents pouvoirs accordant à certains une plus large capacité d’action sur l’encyclopédie et ses contributeurs.

Le premier « grade » est celui de « contributeur ». Au sein même de cette catégorie, pourtant basique, s’est installée une différence de pouvoirs entre les contributeurs « inscrits » et « non enregistrés ». Ces derniers, qui n’ont pas créé de « compte utilisateur », peuvent « modifier et créer des articles (…), participer aux discussions » mais n’ont pas accès aux « votes communautaires ». Ils sont donc libres d’agir sur le contenu de l’encyclopédie mais non sur son fonctionnement et ses finalités, dessinant une coupure entre les tâches de conception et d’exécution.

Le second grade est celui d’ « administrateur » qui  « sont des contributeurs élus » chargés de « réprimer les auteurs de vandalisme et les personnes ne respectant pas les règles »[9]. Pour ce faire, ils ont le pouvoir de supprimer des contributions et de bloquer des wikipédiens. Ce statut et le pouvoir de blocage qui lui est associé instaurent eux aussi une « ’’hiérarchie’’ » basée  sur « une différence de pouvoir entre la plupart des wikipédiens, et quelques autres » et une « ’’reconcentration’’ du pouvoir ». La nécessité de ce corps policier s’est vite fait sentir suite aux « invasions barbares ». Cette expression renvoie à l’arrivée massive, du fait de la popularité croissante de Wikipédia, de nouveaux internautes souhaitant contribuer à l’encyclopédie et amenant avec eux d’inévitables « éléments perturbateurs » [10].

Un troisième grade regroupe enfin les « arbitres », contributeurs également élus et spécialisés dans la résolution des conflits. Les dix contributeurs qui forment ce comité d’arbitrage ont le pouvoir, certainement le plus élevé sur Wikipédia, de bannir certains wikipédiens. Ce corps judiciaire semble lui aussi être apparu nécessaire pour pallier les limites des modes d’auto-organisation originels face à l’élévation du nombre de contributeurs, « l’accroissement de la population wikipédienne francophone ne permettant plus, sans illusion, l’exclusion par consensus unanime ».

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On retrouve ainsi dans ce système de grade un des principes fondamentaux de la « domination rationnelle légale » de Max Weber. Un phénomène qui semble témoigner de la bureaucratisation progressive de Wikipédia.

Les métapages sont une autre illustration de ce phénomène de bureaucratisation. Leur multiplication témoigne en effet d’une prolifération des règlements allant à l’encontre de l’organisation « laisser faire » et de la limitation des règles prônées par Wikipédia. Ainsi, « à la naissance du site, les articles occupaient 85 % de Wikipédia. En octobre 2005, leur proportion était passée à 70 % »[11] témoignant de la progression du poids des métapages et des questions de gouvernance au détriment du travail sur le contenu.

Beaucoup de wikipédiens critiquent cette dérive qui se traduit par « trop de bureaucratie », une « paperasse inutile et décourageante » transformant Wikipédia en véritable « usine à gaz ». Ce dont certains s’exaspèrent : « il va falloir bientôt un bac plus 10 pour maîtriser l’ensemble des procédures sur wikipédia », ou se moquent avec ironie : « je propose en plus de remplir les formulaires 431L et 129D. Pour les non-européens, une copie certifiée conforme du passeport de son chat est à fournir avec le formulaire 12Eb et l’annexe 36 de la demande 1064 à remplir en 18 exemplaires. Comme ça au moins, ça sera clair », « on pourrait aussi introduire un pro-rata exponentiel sur les… ok je sors ».

Ce phénomène semble une fois de plus lié à l’accroissement de la communauté et se révèle progressivement préjudiciable aux nouveaux arrivants (qui peinent à s’intégrer dans cet univers ultra codifié).

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Se dessine ici une seconde forme de hiérarchie, proche de la  gérontocratie que l’on retrouve dans les coopératives autogérées étudiées. Ainsi, pour Laure Endrizzi[12] et Sylvain Firer-Blaess[13], le premier facteur de hiérarchisation est lié non pas aux grades mais à l’ancienneté.

Ce que semble confirmer un Wikipédien sur la métapage[14] consacrée à la libre critique du projet : « il existe un noyau d’habitués, composé pour une grande part des premiers participants au projet, qui a une forte emprise sur la direction globale du projet, et qui évolue en groupe fermé ». Et les témoignages de ce genre se multiplient sur les métapages : « Wikipédia comporte des milliers d’éditeurs, et seule une poignée, bien entendu, les habitués (qui se croient tout permis, parfois) sont seuls à voter, décider, supprimer unilatéralement. Etc ».

Des propositions sont d’ailleurs régulièrement faites pour restreindre les droits des nouveaux à ingérer dans la communauté dont ils font pourtant partie. Du 29 août 2006 au 11 septembre 2006, une « prise de décision » fut ainsi lancée pour modifier les critères de droits de vote au comité d’arbitrage, pénalisant les contributeurs les plus récents en élevant la durée d’inscription et le nombre de contributions nécessaires. Une proposition de prise de décision plus récente témoigne de l’accentuation de ce phénomène en proposant cette fois-ci de restreindre le droit de vote des nouveaux de manière explicite et générale.

Dans la Wikipédia francophone tout comme dans les coopératives autogérées que nous avons étudiées, les anciens en viennent à prendre un rôle central et à dénier les nouveaux arrivants.

Des expressions telles que « séparation bureaucratique », « privilège », « aristocratie », « club privé », utilisées par les  wikipédiens lors de ces deux prises de décisions, attestent de ces dérives. L’ouverture de la communauté, pourtant intrinsèque à Wikipédia, semble ainsi en danger.

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On constate ainsi dans la Wikipédia francophone un double phénomène concomitant de bureaucratisation et de hiérarchisation qui fait passer cette organisation de l’autogestion à l’hétérogestion. Une évolution que l’on retrouve bien dans la trajectoire que nous retrace Sylvain Firer-Blaess[15].

Wikipédia avait en effet à l’origine un modèle organisationnel véritablement proche de l’autogestion, comme en témoigne cette description de Sylvain Firer-Blaess : « Sanger[16] parle alors de l’organisation du projet comme d’une ’’saine anarchie’’ (…). Lors de ces tous premiers temps, il n’y a absolument aucune règle écrite ni organe de régulation : les conflits, de nature éditoriale, sont réglés par la discussion et le consensus. Il n’y a ni chef véritable -même si Sanger est responsable du projet, il a renoncé à prendre le titre de rédacteur en chef et des pouvoirs supplémentaires-, ni hiérarchie, ni règles précises (…) Ainsi ’’l’ordre sans le pouvoir’’ semble merveilleusement bien marcher dans les huit premiers mois de Wikipédia ».

Cette première phase fut cependant assez courte puisqu’elle débute en janvier 2001 pour s’achever au mois d’août de la même année. Wikipédia est alors principalement composée de chercheurs, formant une communauté fermée et homogène : « quand le projet Wikipédia est créé, il est dès le début ouvert à tous, néanmoins sa population reste majoritairement circonscrite aux experts (…) Cette population primaire est donc une population d’experts du savoir, majoritairement des universitaires ». On retrouve ici la notion de « compétence » du réseau LE, étrangère à l’utopie autogestionnaire.

Cet état d’ « Eden anarchiste », comme dirait Larry Sanger, perdure jusqu’à l’été 2001. La notoriété croissante de Wikipédia lui amène alors de nouveaux contributeurs, qui vont être de plus en plus nombreux « augmentant considérablement le nombre d’éditions et d’articles du projet encyclopédique, mais remettant aussi en cause son équilibre initial ». Apparaissent alors des pratiques dites « déviantes », notamment de destruction. C’est ce qu’on nomme, dans l’histoire de Wikipédia, la période des « invasions barbares ».

Face à ce phénomène, la Wikipédia francophone s’est progressivement dotée d’une « structure normative plus stricte » rendant inéluctable la montée de l’hétérogestion. Il est d’ailleurs à noter que Larry Sanger avait dès le début l’idée d’une montée progressive de l’hétérogestion. Comme l’explique Sylvain Firer-Blaess : « Sanger affirme que, dès le début du projet, il ne pense pas que la structure originelle doive perdurer, et qu’une structure normative plus stricte devra être mise en place ». Ainsi, selon Laure Endrizzi, Wikipédia a d’abord été « lancée provisoirement sans règles précises pour mieux appréhender la flexibilité du wiki », mais « à l’origine Wikipedia, née avec un ’’.com’’, ne se positionnait pas en faveur d’une démocratisation totale des savoirs ».

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L’évolution organisationnelle de Wikipédia semble ainsi confirmer, une fois de plus, l’hypothèse d’Albert Meister[17] quant à l’inéluctable dégénérescence des structures autogérées

Elle illustre également le passage difficile d’une communauté restreinte et homogène – comme celle formée par les membres de Coopcom – à une organisation plus élargie et différenciée – à l’image d’Imprim’coop. Wikipédia nous pose ici clairement le problème de la taille de ce type de structures puisque c’est précisément l’agrandissement de la communauté qui a contraint à modifier le mode de fonctionnement originel autogestionnaire vers une forme plus hétérogestionnaire. Un écueil qui n’a pas échappé au fondateur de Wikipédia : « Larry Sanger l’avait bien fait remarquer, le modèle qu’il appelait ’’anarchiste’’, dans le sens d’une absence totale de structure de contrôle et de répression, confrontait Wikipédia à de graves dysfonctionnements depuis que sa communauté s’était grandement élargie, hétérogénéisée, et ouverte à d’inévitables éléments perturbateurs »[18].

L’exemple de Wikipédia nous montre une fois de plus l’inéluctable déclin auquel sont vouées les formes organisationnelles autogérées au fur et à mesure de leur évolution et de leur agrandissement.

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Les exemples de LE et Wikipédia recoupent ainsi en de nombreux points les difficultés et formes régressives que connaissent nos deux coopératives dans la mise en pratique de l’autogestion :

  • La nécessité d’une petite taille. Un principe qui, s’il n’est pas respecté, entraîne inévitablement l’organisation vers la bureaucratisation
  • L’émergence d’une hiérarchie forte, notamment liée à l’ancienneté
  • Les pressions de l’environnement socio-économique
  • Finalement, l’inéluctable évolution de ces structures vers l’hétérogestion

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Les expérimentations concrètes menées par le réseau Libre Entreprendre et Wikipédia viennent ainsi fortement nuancer la tentation d’une approche déterministe enchantée de la société de l’information et des NTIC. Si l’imaginaire qui entoure ces technologies et ces expérimentations recoupe effectivement en grande partie celui de l’utopie autogestionnaire et pourrait ainsi participer à lui conférer une nouvelle légitimité dans un contexte qui lui semble pourtant peu favorable, ces technologies ne seront cependant pas la solution miracle aux limites et dérives que connaissent ces formes organisationnelles.

Comme le souligne Dominique Cardon, si Internet enrichit « les outils de la démocratie ou les manières de pratiquer la démocratie dans nos sociétés » en présupposant « une égalité entre participants », on y retrouve souvent « des divisions sociales, des hiérarchies, des formes de classement qui vont retomber relativement fréquemment sur des hiérarchies traditionnelles »[19]. Ainsi, pour Daniel Bougnoux : « Internet n’est pas une île d’utopie qui serait à l’abri du monde social »[20].

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[1] Le réseau « Libre Entreprendre » regroupe une quinzaine de Sociétés de Services en Logiciels Libres (SSLL) dont l’une se nomme Easter-eggs

[2] « Easter-eggs : entreprise libre ? Entretien avec le collectif Easter-eggs ». Propos recueillis par Emmanuel Dessendier. EcoRev, 2007, n°28

[3] MEISTER, Albert (1974). La participation dans les associations. Paris : Les Editions ouvrières, 276 pages

[4] MERMOZ, Marcel (1978). L’autogestion c’est pas de la tarte, entretiens avec Jean-Marie Domenach. Paris : Editions du Seuil, 231 pages. ISBN : 2-02-004902-3

[5] BROCA, Sébastien (2008). « Du logiciel libre aux théories de l’intelligence collective ». TIC et société, vol 2, n°2

[6] MOINEAU, Laurent, PAPATHEODOROU, Aris. (2000) « Coopération et production immatérielle dans le logiciel libre ». Multitudes, vol. 1, n°1, pp. 144-160

[7] BRETON, Philippe (1990). La tribu informatique. Paris : Editions Métailié, 190 pages. ISBN : 2-86424-086-6

[8] Ce néologisme d’Alain Guillerm et Yvon Bourdet (1977 ; 1970 ; 1974 ; 1970) renvoie à la « gestion par un  autre » à la « gestion (de mes affaires) par un autre que moi » impliquant irrémédiablement « une coupure sociale qui aboutit à deux classes d’hommes, ceux qui pensent et dirigent et ceux qui exécutent et sont exécutés »

[9] FIRER-BLAESS, Sylvain (2007). « Wikipédia : hiérarchie et démocratie ». Homo-numericus. 2007. Disponible sur : http://www.homo-numericus.net/spip.php?article276, consulté le 15 octobre 2007

[10] FIRER-BLAESS, Sylvain (2007). « Wikipédia : hiérarchie et démocratie ». Homo-numericus. 2007. Disponible sur : http://www.homo-numericus.net/spip.php?article276, consulté le 15 octobre 2007

[11] GIRET, Léa (2007). « La révolution Wikipédia, une enquête sur les rouages de l’encyclopédie collaborative ». Marianne, 3 novembre 2007. Disponible sur : http://www.marianne2.fr/La-revolution-Wikipedia,-une-enquete-sur-les-rouages-de-l-encyclopedie-collaborative_a80615.html, consulté le 17 décembre 2007

[12] ENDRIZZI, Laure. (2006). L’édition de référence libre et collaborative : le cas de Wikipédia. Institut National de Recherche Pédagogique, cellule de veille scientifique et technologique. Disponible sur : http://www.inrp.fr/vst/Dossiers/Wikipedia/Dossier_Wikipedia.pdf, consulté le 29 octobre 2007

[13] FIRER-BLAESS, Sylvain (2007). « Wikipédia : présentation et histoire ». Homo-numericus. Disponible sur : http://www.homo-numericus.net/spip.php?article273, consulté le 15 octobre 2007

[14] Les « métapages » sont des pages web annexes au contenu encyclopédique permettant aux contributeurs d’échanger et de statuer sur le fonctionnement de leur wiki

[15] FIRER-BLAESS, Sylvain (2007). « Wikipédia : présentation et histoire ». Homo-numericus. Disponible sur : http://www.homo-numericus.net/spip.php?article273, consulté le 15 octobre 2007

[16] Larry Sanger est co-fondateur de Wikipédia avec Jimmy Wales

[17] MEISTER, Albert (1974). La participation dans les associations. Paris : Les Editions ouvrières, 276 pages

[18] FIRER-BLAESS, Sylvain (2007). « Wikipédia : hiérarchie et démocratie ». Homo-numericus. 2007. Disponible sur : http://www.homo-numericus.net/spip.php?article276, consulté le 15 octobre 2007

[19] WILLIAMSON, Audrey (2009). « Internet, un nouvel espace démocratique ? ». Entretien avec Dominique Cardon, le 7 juillet 2009. En ligne sur : http://www.laviedesidees.fr/Internet-nouvel-espace.html, consulté le 9 juillet 2009

[20] « Internet : un nouvel espace démocratique ? » (2009). Podcast audio de la « table ronde » introduite et animée par Caroline Broué, avec Patrice Flichy, Daniel Bougnoux, Dominique Cardon, Forum Réinventer la démocratie, Grenoble, mai 2009. En ligne sur http://www.repid.com/Internet-nouvel-espace.html, consulté le 9 juillet 2009

Une Réponse to “15. Du mythe aux pratiques : la société de l’information (2) limite des communautés en ligne”

  1. Bonjour
    Suite à une recherche sur Google j’ai trouvé votre blog.
    Félicitation pour votre blog que je trouve intéressant et très riche.
    Bon courage et bon postes 😉

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